C’était dans la nuit du mardi au mercredi.
Ton frère tambourinait fort dans mon ventre et j’avais migré sur le canapé n’arrivant plus à dormir avec ton papa. Je sentais bien que ses coups de pieds si rapides signifiaient quelque chose, alors paisiblement j’ai décidé de me rendormir et de laisser venir.
3h du matin, une vague humide et chaude m’a tirée du sommeil. J’ai d’abord eu peur, peur que ce soit grave. J’ai donc foncé dans la salle de bain, en allumant au passage toutes les lumière de la maison et là j’ai su. J’ai su que la poche s’était percée et que c’était le grand jour.
Je me souviens encore de l’euphorie dans laquelle j’étais et le stress dans lequel votre papa s’était réveillé. Je le revois s’agiter dans tout l’appartement et moi rassemblant mes affaires d’un calme olympien ponctué de rires et de joie.
Je me souviens notre arrivée à la maternité, les futures mamans agonisant dès la porte d’entrée franchie, et moi toujours si calme.
Je me souviens la relève de l’équipe du matin à 6h, ma sage femme – un homme – en blouse rose, le départ au bloc opératoire, la pose de la rachi. Je me souviens de l’interne partie chercher du dissolvant car j’étais encore toute manucurée, je me rappelle de l’anesthésiste qui me parlait sans cesse. Je me revois morte de rire allongée dans cette pièce toute froide, les petites mains s’affairant sur le bas de mon corps déjà tout endormi.
Je me rappelle des visages des deux obstétriciens, des cliquetis des pinces, scalpels & co. Je les entends encore me dire « on va vous faire une cicatrice bikini ».
Je me rappelle de l’anesthésiste qui baissant le rideau me chuchote à l’oreille « je vois des petites fesses ».
Et 5 secondes après, je me rappelle avoir entendu ton premier cri. Ce petit cri qui en 1 seconde à peine changea tout.
Je te revois collée à moi l’espace de quelques secondes pour un baiser avant d’aller retrouver papa dans la salle d’à côté. Je me rappelle, à peine avoir eu le temps de bien te regarder, qu’un second petit cri à jailli dans ce bloc tout froid. Ton frère. Que j’ai à peine entre aperçu et qui a vite rejoint une couveuse bien chaude à tes côtés.
Chaque année, je me refais le scénario de votre arrivée dans notre vie. Chaque année, aucun détails ne m’échappe et chaque année j’ai la nostalgie de ces premiers instants.
5 ans de vous mes chéris. C’est encore si peu mais déjà trop.
Je vous souhaite le meilleur pour cette nouvelle année, j’espère être une maman suffisamment bonne pour vous et j’espère que vous continuerez à nous combler de bonheur comme en ce matin du 15 septembre 2010 à 9h50 et 9h52.
Joyeux anniversaire mes amours, vous êtes mes plus beaux cadeaux.
Maman








